La naissance du coureur des bois* Rose rouge

L’année 1653 ramena tout de même l’espoir. On vit alors apparaître un phénomène nouveau, à savoir la « course des bois », au moment où, pour la première fois, de jeunes gens allèrent cueillir les fourrures auprès des peuples autochtones. Cette aventure allait donner naissance au fameux coureur des bois dont la présence se généralisa au milieu de la décennie 1660. Dorénavant, les Français se rendront en canot dans les « Pays d’en Haut » y chercher les fourrures nécessaires à la traite

La vie des coureurs de bois avait de grands charmes mais aussi de grands risques. Il s’agissait d’hommes vigoureux, résistants à la fatigue, débrouillards, amoureux de la nature puisqu’ils en dépendaient quotidiennement, intégrés parfaitement à la géographie nord-américaine et à sa population autochtone. Des hommes habitués au franc-parler et dotés d’un caractère indépendant.

"Les coureurs de bois apprennent la vie en forêt des Premières nations. On leur apprend à manœuvrer les canots, à chasser et à utiliser des raquettes. Les canots sont faits d’écorce de bouleau de la façon apprise des Autochtones. Ils s’habillent dans des vêtements semblables et mangent la même nourriture . Un repas typique comprend du pemmican, de la viande de chevreuil et du maïs et des pois séchés

Les coureurs de bois parcourent de longues distances. Ils quittent leur domicile au printemps avec leurs canots remplis à craquer de provisions et de produits à échanger. Ils voyagent de la rivière des Outaouais au lac Huron. De là, ils rament à raison de 12 heures par jour pendant un autre mois pour arriver à destination. Certains coureurs de bois voyagent sur des distances aussi longues que 2 000 kilomètres ou plus de la maison.

Ils ont besoin les uns des autres pour manœuvrer les pagaies, établir les abris et faire le guet des ennemis la nuit. Ils doivent aussi trouver leur propre nourriture. Ils s’adonnent à la chasse et à la pêche tout au long du parcours.

Il s’agit aussi d’un travail difficile. Le coureur de bois doit souvent faire du portage avec son canot. À l’été, les moustiques et d’autres insectes les incommodent. Ils doivent accrocher leur nourriture très haut loin de la portée des animaux. À l’hiver, ils doivent se tenir au chaud la nuit. Ils creusent des trous dans la neige et les tapissent de branches de cèdres. Il y avait tellement d’insectes dans la forêt qu’un homme pouvait en devenir fou. Les coureurs de bois ont vite appris des autochtones comment les garder à distance. Ils utilisaient des plantes telles les feuilles de laurier et la sanguinaire, ainsi que les graisses animales et même de l’huile de poisson."

Parmi les coureurs des bois connus, citons étienne brulé,louis joliet, medard des grosseiliers et pierre esprit radisson,jean nicolet,guilaume couture,jacques de nayon et la vérandrye."

Depuis les débuts de la Nouvelle-France jusque dans les premières décennies du XIXe siècle, le commerce des fourrures a été en quelque sorte «le sang» qui a assuré la vie économique de la colonie française, puis britannique. Successivement les métropoles de la France et de l’Angleterre ont édifié un véritable empire sur un immense territoire couvrant le territoire de la Nouvelle-France tant au nord des Grands Lacs jusqu’à la baie d’Hudson, qu’au sud jusqu’au golfe du Mexique.

 La traite des fourrures est sans contredit l’activité qui assura la fondation et la survie de la Nouvelle-France. Pilier de la colonie, ce commerce ne reposait guère sur une économie monétaire, mais sur un système de troc impliquant, d’une part, des nations autochtones et, d’autre part, les colonisateurs européens. Aucune pièce de monnaie n’étant échangée, les Amérindiens fournissaient peaux et fourrures aux Français qui, en retour, leur donnaient des objets de fabrication européenne tels que des marmites et des couvertures de laine.

 la fin des coureurs des bois * Rose flétrie

Même s’il contribua à l’expansion territoriale de l’empire, le coureur des bois tomba rapidement en disgrâce : on l’accusait notamment de mener une vie de débauche et de négliger le travail de la terre. Afin de contrôler le nombre de coureurs des bois, les autorités eurent recours à un système de congé accordant la permission de quitter la vallée du Saint-Laurent pour pratiquer la traite. Mais le nombre de congés étant limité, seuls certains coureurs des bois purent travailler en toute légalité. Vers 1680, ces derniers revendiquèrent le titre de voyageur pour se démarquer des coureurs des bois désormais illégaux.

 De coureur des bois à voyageur* Lune

À la fin du 17e siècle, le terme voyageur s’appliquait donc aux anciens coureurs des bois devenus de petits commerçants qui mettaient leur expertise au service des marchands afin de mener les expéditions financées par ces derniers. Avec le temps, l’expression vint cependant à désigner les engagés de la traite des fourrures, salariés qui firent leur apparition vers 1680. En retour d’un salaire spécifié dans un contrat d’embauche, ces jeunes hommes étaient embauchés pour manœuvrer de longs canots faits avec l’écorce du bouleau dans le but d’approvisionner les postes de traite et de rapporter les fourrures dans la colonie.

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Le sage est comme un enfant qui se tiendrait sur les hauteurs d’une montagne,
Et jouerait avec le soleil et les orages en riant.
Tous les pouvoirs lui sont donnés.
Il invente un nouveau langage, dialogue avec le vent,
Crée de nouveaux univers, parle avec ses rêves,
Mime le vol d’un oiseau ou la démarche burlesque de l’ours.
Il se moque de ses propres angoisses.
Il observe ses émotions, ses sensations,
Comme on observe les fleurs d’un jardin.
Il habite un nuage doré où la mort ne pénètre pas.~                                             

Sagesse Amérindienne